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Lumbago ou sciatique : quelle différence ?

Les deux font mal et se ressemblent. Pourtant, ce n’est pas la même chose, et on ne les soigne pas tout à fait pareil. Voici comment les reconnaître, combien de temps ils durent et ce qui aide vraiment.

Deux douleurs différentes

Le lumbago se loge dans le dos ; la sciatique descend dans la jambe.

Le lumbago

Les muscles du dos se bloquent d’un coup pour protéger la zone : c’est une réaction de défense.

Quand ?
Après un effort, mais aussi en ramassant un stylo ou en se lavant les cheveux. Fatigue, manque de sommeil et stress peuvent le favoriser.
Où ça fait mal ?
Dans le bas du dos, parfois jusqu’aux fesses.
Combien de temps ?
Moins de 4 à 6 semaines 9 fois sur 10, souvent quelques jours.

La sciatique

Le nerf sciatique, qui part du bas du dos et descend jusqu’au pied, devient trop sensible.

Ce que l’on ressent
Une douleur vive ou une brûlure, parfois des fourmillements. Elle peut augmenter quand on tousse ou éternue.
Où ça fait mal ?
Surtout dans la jambe, plus que dans le dos : sur tout le trajet du nerf, ou juste à la fesse, au mollet ou au talon. On peut la confondre avec une tendinite.
Combien de temps ?
6 à 7 semaines environ pour la moitié des sciatiques : souvent un peu plus long qu’un lumbago.

Ce qui aide dans les deux cas

Le repos complet n’est pas le remède : le dos guérit mieux en bougeant.

  1. 1

    Bouger

    Gardez vos activités autant que possible, sans forcer : c’est le meilleur traitement.

  2. 2

    Reprendre petit à petit

    La marche d’abord, puis le sport, en augmentant doucement.

  3. 3

    Se faire accompagner

    L’ostéopathe vérifie qu’il n’y a rien de grave, vous soulage et vous conseille des exercices : en faire régulièrement diminue le risque de rechute.

Sciatique : ménagez le nerf. Un nerf trop sensible n’aime pas être tiré ni comprimé. Évitez les étirements qui réveillent la douleur dans la jambe, et les longues heures assis : levez-vous et marchez régulièrement.

Rien de grave, sauf si… la douleur touche les deux jambes, vous ne sentez plus bien autour des parties génitales ou de l’anus, ou vous avez du mal à uriner ou à vous retenir : appelez le 15.

Sources : Haute Autorité de santé (lombalgie commune, 2019), Académie nationale de médecine (2003), étude norvégienne HUNT sur le sommeil et le mal de dos (2020), service de santé britannique (NHS, sciatique), études sur l’étirement des nerfs et leur irrigation (Ogata et Naito, 1986 ; Clark, 1992).

Les idées reçues sur le mal de dos

Elles font peur, et la peur de bouger fait durer la douleur.

Ce que l’on sait L’idée reçue

Le repos

Ce que l’on sait :Rester actif aide à guérir plus vite ; rester couché fait durer la douleur.

L’idée reçue :Il faut rester au lit jusqu’à ce que ça passe.

La radio, l’IRM

Ce que l’on sait :Sans signe d’alerte, elles ne sont pas utiles au début : elles ne changent pas le soin.

L’idée reçue :Il faut une image pour savoir ce qu’on a.

La hernie

Ce que l’on sait :Beaucoup de personnes sans aucune douleur ont une hernie ou un disque usé à l’IRM.

L’idée reçue :Une hernie à l’IRM explique forcément la douleur.

Le « déplacement »

Ce que l’on sait :Les vertèbres ne se déplacent pas lors d’un lumbago : rien n’est à « remettre en place ».

L’idée reçue :Une vertèbre est sortie, il faut la remettre.

L’avenir

Ce que l’on sait :La plupart des épisodes guérissent en quelques semaines, et bouger limite les rechutes.

L’idée reçue :Une fois qu’on a mal au dos, c’est pour la vie.

Le craquement ne remet rien en place non plus : voici ce que dit la science .

Sources : Haute Autorité de santé (lombalgie commune, 2019), revue de 33 études d’IRM chez des personnes sans douleur (Brinjikji, American Journal of Neuroradiology, 2015).

Quand voir un médecin rapidement ?

Ces signes sont rares, mais ils demandent un avis médical rapide, avant toute séance d’ostéopathie :

  • De la fièvre en même temps que la douleur.

  • Une douleur après une chute ou un choc violent.

  • Une jambe ou un pied qui perd de sa force.

  • Une douleur qui ne se calme ni au repos ni la nuit.

  • Un amaigrissement que rien n’explique.

  • Un cancer, aujourd’hui ou par le passé.

Sources : Haute Autorité de santé, signes d’alerte de la lombalgie commune (2019).

Et chez l’ostéopathe ?

Sans ordonnance, vous pouvez prendre rendez-vous directement. La séance suit trois temps.

  • Il vous écoute : quand la douleur a commencé, ce qui la soulage, vos antécédents et vos traitements.

  • Il vous examine : il cherche les signes d’alerte et vous oriente vers un médecin si besoin.

  • Il vous soulage et vous conseille : des gestes adaptés à la douleur, puis des exercices simples à refaire chez vous.

Pas d’amélioration après quelques séances ? Un bon ostéopathe vous oriente vers votre médecin. Comment reconnaître un bon ostéopathe

Les mains d’un ostéopathe posées sur le dos d’une patiente allongée.

Vos questions

Lumbago, lombalgie, tour de reins : est-ce la même chose ?

Oui. La lombalgie est le nom médical du mal au bas du dos ; le lumbago et le tour de reins désignent une lombalgie qui survient d’un coup.

Quand parle-t-on de lombalgie chronique ?

Quand la douleur dure plus de trois mois. Rester actif et être accompagné tôt aide à l’éviter.

Faut-il arrêter le sport ?

Non. Adaptez l’effort à la douleur, puis reprenez petit à petit : la marche, la natation ou le vélo sont souvent bien tolérés.

Faut-il une ordonnance pour consulter un ostéopathe ?

Non. Vous pouvez prendre rendez-vous directement, sans ordonnance ni passage par votre médecin traitant.

Une séance d’ostéopathie est-elle remboursée ?

L’Assurance maladie ne rembourse pas l’ostéopathie. Beaucoup de mutuelles prennent en charge quelques séances par an : vérifiez les garanties de votre contrat.

Sources : Haute Autorité de santé (lombalgie commune, 2019).

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